Quand Marine Le Pen se
penche sur l’électorat gay
Dans son discours du 10 décembre à Lyon, Marine Le Pen a créé la polémique en comparant les prières musulmanes sur le voie publique à l’occupation allemande. Moins repris par les médias, la candidate à l’investiture du Front Nationale s’est également prononcée sur le sort des homosexuels vivant dans des quartiers et victimes des « lois religieuses qui se substituent aux lois de la Républiques ». Sur les terres de Bruno Gollnisch, Marine Le Pen n’a pas hésité à lancer une perche vers l’électorat gay, confortant sa stratégie globale de dédiabolisation du Parti d’extrême droite. Un sujet qui l’oppose à Bruno Gollnisch, qui s’en était déjà pris à la présence de conseillers gays et lesbiennes dans l’entourage de Marine Le Pen.
Discrimé contre discriminé
« J’entends de plus en plus de témoignages sur le fait que dans certains quartiers, il ne fait pas bon être femme, ni homosexuel, ni juif, ni même français ou blanc » affirme Marine Le Pen dans son discours.
Des propos qui ont suscité l’inquiétude des associations LGBT et partis de gauche, déplorant une volonté de monter « discriminé-e-s contre discriminé-e-s ».
L’association Tjenbé Rèd appelle ainsi les personnes LGBT à ne pas se laisser berner par les stratégies politiciennes qui, « en opposant les minorités aux minorités, visent uniquement à les maintenir toutes en marge de l’égalité républicaine ».
Dans un communiqué, Europe Ecologie Les Verts (EELV) rappelle que « Jean-Marie Le Pen s’était illustré par des propos particulièrement odieux contre les premières victimes du sida qui étaient à l’époque principalement des homosexuels masculins » et d’ajouter « Marine Le Pen prétend depuis quelques temps dénoncer l’homophobie en lui attribuant pour principale source la religion musulmane (…) L’homophobie, la lesbophobie, la biphobie et la transphobie sont encore très présentes dans l’ensemble de la société française et que leur trouver une cause culturelle ou religieuse unique est simpliste et politiquement inacceptable. Si quelques agresseurs de personnes LGBT se revendiquent parfois de l’Islam, ceux du kiss-in de Notre-Dame se revendiquaient de l’Église catholique (…). Et faut-il rappeler que les discours construits contre les personnes LGBT dans le paysage politique français émanent dans leur immense majorité de représentants bien installés de la droite traditionaliste et chrétienne, de Christine Boutin à Christian Vanneste? » conclut le parti écologiste.
Une stratégie gagnante en Suisse et aux Pays-bas
En prenant ses distances avec l’homophobie primaire omniprésente au sein du Front National, Marine Le Pen s’inspire t’elle de l’évolution des partis d’extrême droite du Nord de l’Europe ?
Au Pays-bas, cette stratégie s’est avérée payante pour les partis populistes.
« Ces dernières années, les mouvements populistes d’extrême droite, néerlandais en particulier, ont clairement pris la défense des gays et des lesbiennes agressés dans les banlieues par des jeunes néerlandais d’origine arabe et ont ainsi fait d’une pierre deux coups, rallier un certain nombre d’homosexuels qui se sentent abandonnés par une politique de la ville souvent indigente et allonger leur liste des victimes de la religion musulmane » analyse le Centre LGBT Paris IdF.
En Suisse, le même mouvement s’opère : une section gay s’est récemment créée au sein de l’UDC, devenu le plus important parti de Suisse, et dont les thèmes de prédilection sont l’immigration et l’indépendance nationale.
Source : http://www.gayinlyon.com


















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