Le Blog de Jj
ou la vie d'un papa gay à Toulouse
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25 ans d’espoirs et de déceptions
Vingt-cinq ans déjà. C’était en mai 1983, dans un article paru dans la revue Science, une équipe française, autour du professeur Luc Montagnier et de Willy Rozenbaum, révélait
la trace d’un rétrovirus dans une maladie inédite.
Cette semaine, l’Institut Pasteur a tenu un colloque sur ce 25ème anniversaire de l’identification du virus du sida.
Des propos en tout genre ont été tenus. Classiques, comme ceux du professeur Luc Montagnier : «Ce n’est pas une
célébration, mais une commémoration. Le virus est toujours là. Et j’aurais souhaité fêter avec vous la fin de l’épidémie.»
Des mots plus iconoclastes de la part du professeur américain Robert Gallo qui a confirmé la découverte française un an plus tard : «Il y a eu de gros progrès, mais aussi de grandes
erreurs, et il y a encore beaucoup à faire.»
Des mots un peu mensongers quand ces deux chercheurs ont souligné que les disputes autour de la paternité de la découverte du virus étaient loin derrière.
«Nous sommes collègues et amis» , ont-ils même assuré.
Des propos officiels, comme ceux de Roselyne Bachelot, ministre de la Santé : «Le drame du VIH a joué un rôle de catalyseur, permettant aux associations d’entrer dans le monde des débats
sur la santé, et donc l’avènement de la démocratie sanitaire.»
Mais des propos inquiétants ont aussi été tenus par Act-Up
: «Nous n’avons aucune raison de fêter cet anniversaire. Après vingt-cinq ans d’épidémie, 70 % des malades du sida dans le monde n’ont toujours pas accès aux médicaments et, en France,
la recherche publique sur le sida est sacrifiée par le gouvernement.»
En 2008, les différents ministères ont en effet diminué leurs crédits à l’Agence nationale de recherche sur le sida et les hépatites virales (ANRS).
Les activistes d’Act-Up concluant : «Faute de budgets publics alloués à la recherche, on ne découvrirait plus le VIH en France aujourd’hui.»
Un constat enfin : celui d’une histoire qui se poursuit et se transmet.
A l’image de ces enfants nés au début des années 80 de parents séropositifs.
A l’époque, manquant de traitements préventifs, certains sont devenus séropositifs eux-mêmes.
Ils (ou elles) ont vécu, tant bien que mal, avec des traitements de plus en plus performants.
Ils ont grandi, se sont mariés.
Et aujourd’hui, ces enfants, nés séropositifs, font des enfants.
Les premières grossesses sont en cours.
Des enfants de la «troisième génération sida».
Source : Libération
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