Le Blog de Jj
ou la vie d'un papa gay à Toulouse
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« Nous sommes très loin d'un vaccin contre le SIDA »
Alain Lafeuillade (1): « C'est sa quinzième édition à Toulon. D'un événement local, le congrès est devenu incontournable pour les spécialistes mondiaux du SIDA. Huit cents scientifiques ont répondu à l'appel. Ces trois jours de conférences sur le VIH (fin aujourd'hui, ndlr) ont lieu au Palais Neptune. »
La recherche progresse-t-elle ?
« En vingt-cinq ans, il y a eu plus d'avancées que pour n'importe quelle autre maladie. Le virus est connu et nous avons rapidement découvert des molécules pour le traitement. Il y a aujourd'hui vingt-cinq produits commercialisés, de plus en plus efficaces et de moins en moins toxiques. »
Quid d'un vaccin ?
« Mercredi, le professeur Gallo, co-découvreur du VIH, a expliqué de manière très pessimiste que nous ne sommes probablement pas près de trouver un vaccin. Et ce, malgré les milliards de dollars injectés. Se pose aujourd'hui la question de l'utilité réelle d'une quête miraculeuse et coûteuse, qui, depuis 1983, en est toujours à son point zéro. »
Qu'est ce qui rend la recherche si difficile ?
« Le virus est extrêmement complexe, divers et résistant. Il est dans le système immunitaire de la personne et, dès que l'on s'attaque à lui, il détruit ce système. C'est une véritable machine de guerre. »
Pour autant, existe-il des raisons d'être optimiste ?
« Énormément. Dans les pays développés, 75 % des infections peuvent être contrôlées et le taux de mortalité a diminué de 80 %. De trente gélules par jour en 1996, la trithérapie se compose aujourd'hui d'un ou deux comprimés. Les effets secondaires ont aussi nettement diminué. Nous portons également plus d'attention à la prévention avant exposition aux risques, pour casser la courbe épidermique. »
Y a-t-il de plus en plus de monde touché par le VIH ?
« Quand nous traitons quelqu'un dans nos pays développés, trois personnes nouvelles sont infectées dans le monde. Nous sommes donc sur une pente ascendante. En cause : l'accès au traitement dans les pays pauvres et, chez nous, le retour des comportements à risques. L'efficacité du traitement rassure, comme si le SIDA n'existait plus. Ce n'est malheureusement pas le cas. »
1. Le Dr Lafeuillade est spécialiste des maladies infectieuses au Centre Hospitalier Intercommunal Toulon-La Seyne, où mille patients atteints du VIH sont actuellement sous traitement.
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