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Samedi 24 mai 2008 6 24 /05 /2008 17:47
- Publié dans : Vaincre le Sida

Recherche dans la lutte contre le vih/sida : Pas de vaccin d’ici cinq ans




D’ici cinq ans encore, il n’y aurait pas de vaccin contre le Vih/Sida. La dernière réunion qui a eu lieu aux Etats-Unis et a réuni tous les experts mondiaux qui travaillent sur le Vih, en a convenu et le Pr Papa Salif Sow, chef du service des maladies infectieuses du Centre hospitalier universitaire de Fann, en a fait la révélation à l’ouverture du second atelier international sur le traitement, la pathogenèse, la prévention et la recherche sur le Vih/Sida dans les pays à ressources limitées (Interest).



La recherche en matière de Vih a beaucoup avancé, mais la seule zone d’ombre reste le vaccin.

D’ailleurs, les acteurs de la lutte contre le Vih/Sida et la communauté internationale sont unanimes quant à la découverte d’un vaccin contre la pandémie du Sida.

En effet, la dernière réunion qui a eu lieu aux Etats-Unis et réunissant tous les experts mondiaux qui travaillent sur le Vih, a montré que d’ici cinq ans, on n’aurait pas de vaccin contre le Vih.

C’est ce qu’a révélé le Pr Papa Salif Sow, chef du service des maladies infectieuses du Centre hospitalier universitaire de Fann qui s’est exprimé à l’ouverture du second atelier international sur le traitement, la pathogenèse, la prévention et la recherche sur le Vih/Sida dans les pays à ressources limitées (Interest) qui se tient à Dakar du 20 au 23 mai.

"La recherche est très difficile. Le virus est extrêmement intelligent, car il change de forme, de physiologie, ce qui rend difficile la mise en place d’un vaccin", explique le chef du service des maladies infectieuses du Chu de Fann, président du comité scientifique de cette rencontre de Dakar.

Dans les autres domaines, par exemple en termes de médicaments, des progrès énormes ont été faits.

"Au début de l’épidémie, rappelle le Pr Sow, il fallait 16 comprimés par jour, maintenant on peut avoir des schémas avec un seul comprimé qui est aussi efficace et qui permet au patient de contribuer tous les jours dans la vie de sa nation avec une qualité de vie améliorée".

La recherche sur le Vih a également permis de faire des pas énormes dans le domaine de la prévention de la transmission mère-enfant.

Et, précise le chef du service des maladies infectieuses du Chu de Fann, "aujourd’hui, nous avons même des couples concordants où le mari est positif et la femme aussi positive et qui donnent naissance à un enfant négatif. Pourquoi, parce que dans le domaine de la recherche, on sait maintenant où se localise le virus au cours de la grossesse. On sait également quels sont les moments de transmission du virus pendant l’accouchement et pendant l’allaitement. Et une fois identifié, nous mettons les médicaments qu’il faut pour barrer la route à ce virus".

Ce qui montre que globalement, des avancées positives ont été notées dans le cadre de la recherche sur le Vih/Sida.

Ces avancées ont permis d’augmenter de manière considérable le nombre de patients mis sous traitement antirétroviral.

En Afrique, ce pourcentage est passé en moyenne de 4% en 2003 à 28% en décembre 2007, voire 40% dans certains pays.

Cet atelier international, le second organisé en Afrique, permet aux médecins, infirmiers, sages-femmes et travailleurs sociaux de renforcer leurs capacités en matière de prise en charge du Vih.

"Le domaine du Vih évolue de façon extrêmement rapide et les connaissances doivent être constamment mises à jour, reconnaît le Pr Papa Salif Sow. En Afrique, le manque de moyens fait que les praticiens n’ont pas accès à cette documentation de qualité".

Depuis l’année dernière, un groupe d’experts internationaux sur le Vih/Sida a mis en place cet atelier qui s’organise de façon régulière à travers les pays.

Le premier s’était tenu à Kampala en Ouganda et le second - en terre francophone - à Dakar.

Comment mieux traiter ?

Quelles sont les nouvelles molécules ?

Comment faire en sorte qu’une femme infectée par le virus ne transmette pas le virus à son enfant ?

Quels sont les axes de réflexions sur le renforcement du système de santé ?

Comment financer ce système de santé ?

Autant d’interrogations auxquelles la rencontre qui accueille plus de 300 participants anglophones comme francophones, venant de 25 pays d’Afrique et d’Asie, tentera d’apporter des réponses.

Ces acteurs, tous engagés dans la prise en charge du Vih dans leurs pays respectifs, travailleront à permettre aux patients de vivre positivement leur séropositivité.

Situation du vih au Sénégal : Attention !

Une prévalence iceberg

La situation du Sida au Sénégal est stable avec une prévalence faible de l’ordre de 0,7% au niveau de la population générale.

Mais cette prévalence est comme un iceberg, car elle cache des disparités.

Ainsi, on note une prévalence très élevée au niveau des groupes cibles comme les travailleuses du sexe avec 25% et des hommes ayant des rapports avec d’autres hommes (21%).

En termes de recherche, les choses ont beaucoup avancé.

"Nous pouvons mieux traiter les personnes adultes vivant avec le virus, de même que les enfants et même prévenir la transmission mère-enfant. Avec la gratuité et la décentralisation des médicaments antirétroviraux, l’infection à Vih est devenue une infection chronique de longue durée comme le diabète ou l’hypertension artérielle", assure le chef du service des maladies infectieuses du Chu de Fann, président du comité scientifique de cette rencontre de Dakar, Papa Salif Sow.

Aujourd’hui, à travers les onze régions du Sénégal, les malades sont traités sur place.

Dépistage au vih : Seuls 10% des Sénégalais connaissent leur statut sérologique

"C’est inacceptable".

La plainte est du Pr Papa Salif Sow, chef du Service des maladies infectieuses du Chu de Fann qui déplore que seuls 10% des Sénégalais connaissent leur statut sérologique. Selon lui, le combat est de faire en sorte que chaque Sénégalais, chaque Africain puisse connaître son statut sérologique.

"Et si on est Hiv positif, on rentre dans un circuit de prise en charge, et si on est Hiv négatif, on doit tout faire pour rester négatif à vie".

Pour le Pr Sow, il y a des défis à relever dans ce domaine du dépistage volontaire et de décentralisation effective de la prévention transmission mère-enfant du virus.

"Il faudra renforcer les programmes pour l’accès aux soins, surtout le dépistage au Vih (dépistage volontaire, dépistage au sein des groupes à risque, dépistage dans les structures de soins et dans les communautés)".

Le Pr Papa Salif Sow a également plaidé pour un renforcement du système de santé des pays afin d’atteindre les objectifs d’un accès universel aux soins et aux traitements.

Selon lui, un renforcement du système de santé signifie la disponibilité et la formation des ressources humaines ainsi que l’amélioration du plateau technique et des conditions de travail.

A cela s’ajoutent une disponibilité des ressources financières et une mise en place d’un système de gestion, suivi et évaluation des données.

Bien qu'abritant 95% des malades du sida

Seuls 2% des financements sont versés aux pays en voie de développement Une maladie et deux modes d’intervention différents à travers le monde.

En effet, au moment où le Nord se retrouve avec tous les moyens et peu de malades du Sida, le Sud qui dispose de peu de moyens, fait difficilement face à beaucoup de malades.

"Environ 2% des financements sont versés aux pays à ressources limitées où l’on dénombre 95% des malades du sida", relève le Pr Papa Salif Sow.

Aujourd’hui, la stratégie de réponse à la pandémie est mondiale, mais elle est beaucoup plus difficile dans un contexte de moyens limités.

Et c’est là où se situe la différence dans l’approche des interventions entre pays développés et pays en voie de développement.

Pour renverser la tendance, les pays du Sud se livrent à un éternel plaidoyer en impliquant les laboratoires pharmaceutiques.

Ainsi, révèle le Pr Sow, ces derniers se sont beaucoup investis en ce qui concerne la trithérapie qui coûte maintenant 1 euro dans les pays du Sud alors qu’elle revient à 100 euros dans les pays du Nord.

La mise en place du Fonds mondial de lutte contre le Sida, le paludisme et la tuberculose a également beaucoup contribué à aider les pays en voie de développement.
Les financements du Fonds mondial sont essentiellement destinés aux pays à ressources limitées.

Ainsi, on note un élan de solidarité mondiale qui permet aux pays en voie de développement de contribuer de façon efficace dans le cadre de la lutte contre le Vih/Sida.

Loi sur le vih : Une rencontre purement biomédicale

Pas à l’ordre du jour. La question lancinante de la loi sur le Vih/Sida ne sera pas sur la table de discussion lors de cette rencontre internationale de Dakar.

Les pays du Sud ont, en effet, estimé nécessaire de se cantonner dans le domaine biomédical, car la majorité des participants sont des médecins, des infirmiers, des assistants sociaux….

En ce qui concerne les aspects juridiques liés à la pandémie, d’autres ateliers pourront les développer.

Pour le Sénégal, des avancées significatives ont été notées dans le domaine de la loi sur le Vih/Sida.

Ainsi, le projet de texte de loi sur le Vih est sur la table de l’Assemblée nationale, mais des points d’achoppement ont été notés sur quelques articles.

Et les différents acteurs s’activent à accorder leurs violons.

En Afrique, beaucoup de pays ont déjà promulgué et voté la loi sur le Vih.

Par exemple, le Burkina, l’Ouganda et le Tchad ont déjà adopté cette loi dans le domaine de la lutte contre la stigmatisation et la discrimination.

La loi sur le Vih permet à la personne vivant avec le virus de ne pas être discriminée.

Cette loi interdit formellement aux personnes vivant avec le virus du Sida, de transmettre le virus de façon tout à fait volontaire.

Ainsi, avec cette loi, la personne vivant avec le virus est protégée, mais des limites lui sont tracées pour ne pas transmettre volontairement le virus.

Issa NIANG


Source Walf Fadjri

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