Lundi 19 mai 2008
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Publié dans : Vaincre le Sida
"Continuer à investir dans la recherche"
Quelles leçons tirer de l'échec de l'essai du vaccin du laboratoire Merck ?
L'arrêt de cet essai, baptisé STEP, en novembre 2007, amène à s'interroger sur ce qu'a été la politique internationale, notamment américaine, en matière de vaccin
contre le VIH.
On ne sait pas toujours comment marche un vaccin, la démarche consistait donc à aller le plus vite possible vers un essai de phase 3, où le "candidat vaccin" est testé à grande
échelle.
Avec de gros efforts financiers, publics et privés.
A l'arrivée, le vaccin de Merck ne protège pas, voire surexpose les personnes vaccinées, pour des raisons qui n'ont pas
encore été complètement élucidées.
Un consortium européen a été créé, Eurovac.
Nous devons renforcer la coordination des divers programmes. Aucun pays n'y arrivera seul.
En 1997, Bill Clinton avait annoncé un plan pour un vaccin en 2007, année de l'échec du vaccin le plus avancé. Ce but est-il plus éloigné que jamais
?
Cela a toujours été le cas.
Au début des années 1990, les résultats de l'essai Concorde montraient que l'AZT ne marchait pas chez les séropositifs...
Mais il ne faut pas baisser les bras ; il faut continuer à investir dans la recherche fondamentale pour répondre aux questions en suspens et mettre au point un vaccin.
Quelles sont ces
questions ?
Il y a celle des vecteurs qui transportent des éléments permettant au système immunitaire d'identifier et combattre le
virus.
Utilise-t-on les bons vecteurs ?
Au lieu d'utiliser des vecteurs viraux - comme l'adénovirus - qui ne se multiplient pas dans l'organisme, doit-on employer des vecteurs viraux non inertes, par exemple un cytomégalovirus ?
Il y a aussi le problème de la réponse immunitaire. Pourquoi les vaccins préventifs n'ont-ils pas marché ?
Le VIH peut échapper aux défenses de l'organisme et il y a des individus qui ne réagissent pas au vaccin.
Ne peut-on moduler la réponse immunitaire, en activant ou désactivant les cellules dendritiques (immunitaires), qui présentent l'antigène viral aux lymphocytes ?
C'est crucial.
Il faut aussi rechercher des formes d'injection autres que la voie intramusculaire ou sous-cutanée, et plus efficaces.
Et, parallèlement aux recherches sur un vaccin préventif, il existe - notamment avec l'ANRS -, des travaux encourageants, qui stimulent l'immunité des personnes déjà infectées par le VIH.
Propos recueillis par Paul Benkimoun
Source : LeMonde.fr
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