Mardi 29 juillet 2008
-
Publié dans : Vaincre le Sida
Sida/Vih : un vaccin révolutionnaire
Journal de Montréal
Par Gabrielle Duchaine
La découverte majeure d'une équipe de chercheurs montréalais, qui est sur la piste
d'un vaccin thérapeutique contre le VIH, réjouit les organismes de lutte contre le sida. Mais il y a loin de la coupe aux lèvres, préviennent-ils.
«Si c'est concluant, c'est un espoir en soi», lance le directeur d'Action Séro Zéro, Robert Rousseau.
«Bravo! c'est une très bonne nouvelle», ajoute René Légaré, de la Coalition des organismes communautaires québécois de lutte contre le sida.
Une percée
Une équipe de chercheurs de l'Hôpital Royal Victoria, menée par le docteur Jean-Pierre Routy, a mis au point un vaccin révolutionnaire qui pourrait remplacer la trithérapie comme traitement du
virus du sida.
Il ne s'agit toutefois pas d'un vaccin préventif.
«Ça pourra peut-être donner une pause de médicaments aux séropositifs, qui vivent beaucoup d'effets secondaires et prennent des médicaments tous les jours», prévoit M. Légaré.
«Ils pourront aussi avoir plus d'autonomie et faire certaines économies car la trithérapie coûte plus de 1000 $ par mois», dit M. Rousseau.
Les vaccins sont conçus spécialement pour chaque patient séropositif, à base d'un prélèvement de son propre virus, avant le début de la trithérapie, et d'un échantillon de ses cellules immunitaires
après un an de traitement.
Le mélange est ensuite injecté dans le corps une fois par mois durant quatre mois.
Du pain sur la planche
«Les vaccins traditionnels ne fonctionnent pas, explique le Dr Routy. Alors, avec beaucoup de courage et un peu de folie, on a décidé de faire un vaccin différent pour chaque personne.
Jusqu'à date, l'immunité qu'on obtient est très forte.»
La méthode a été testée en laboratoire sur 10 patients et donne des résultats assez bons pour que Santé Canada permette aux chercheurs d'élargir l'étude dans 11 cliniques et hôpitaux de six villes
canadiennes.
Une première mondiale.
«Mais il y a quand même loin de la coupe aux lèvres, souligne M. Légaré. On ne s'attend pas à un nouveau traitement tout de suite. Il faudra voir si ça fonctionne à une plus large
échelle et si ce n'est pas trop onéreux», dit-il.
«Et j'ai hâte de voir la réaction des pharmaceutiques», de conclure Robert Rousseau.
Source : CanoëSanté
Vous avez dit ?