Le Blog de Jj
ou la vie d'un papa gay à Toulouse
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« L’être humain est par nature discriminant »
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Catherine
Tripon, porte-parole de la Fédération L’Autre Cercle, est intervenue ce matin au sujet des discriminations liées à l’orientation sexuelle.
Elle nous livre ses impressions sur la première édition du Forum Diversité 08.
Y a-t-il aujourd’hui une réelle évolution en ce qui concerne la diversité ?
La fédération L’Autre Cercle a parlé en 2003 de diversité, c’était encore un concept totalement inconnu.
Aujourd’hui, c’est un thème repris par tout le monde et tant mieux !
Globalement, il y a un réel sentiment d’évolution qui plane, il ne fait aucun doute que les choses ont évolué.
Maintenant ça a peut-être beaucoup bougé dans les banlieues en 2005 mais il y a toujours un problème avec la vision de l’autre.
En réalité, qu’est-ce que la diversité ?
C’est arrêter de se fier aux apparences.
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Vous travaillez essentiellement sur la question de la discrimination sexuelle, sur quels types de terrain agissez-vous avec La Fédération L’Autre
Cercle ?
On aborde
essentiellement le thème de l’orientation sexuelle.
C’est-à-dire le fait d’être homosexuel, ou transsexuel sur son lieu de travail.
On essaie d’agir de façon globale.
La perception de l’autre doit évoluer et, pour nous, ça passe par la prévention et l’éducation.
Parce que les enfants ne sont pas discriminant à la base mais c’est en grandissant et en évoluant dans leur milieu social qu’ils vont se durcir et finalement tenir des propos très durs.
Nous, on prend conscience de ça et le but est de rééquilibrer la chose : c’est-à-dire que le petit Nicolas a son meilleur copain qui s’appelle Mamadou, que son autre copain Fabien a deux
papas qui viennent le chercher à l’école.
On travaille là-dessus.
Mais alors qu’est-ce que la diversité ?
La
diversité, c’est le vivre-ensemble. Le fait est qu’aujourd’hui il y a près de 200 000 enfants qui vivent avec deux papas et deux mamans.
Ces enfants sont heureux et ça il faut s’en rendre compte, c’est une réalité.
On est aujourd’hui bien loin de la tolérance, je n’entends pas qu’on me tolère parce que je suis homosexuel mais que la personne en face de moi me respecte et que je la respecte.
La diversité, c’est le respect que l’on doit réintroduire dans nos valeurs républicaines.
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Évidemment, pour la prochaine édition, l’an prochain, j’invite tout le monde à venir.
C’est important de se confronter avec des sujets sérieux traités de manière intelligente et surtout sans tabous.
Un lieu où des personnes se retrouvent pour plusieurs discriminations, la couleur de peau, l’orientation sexuelle, l’handicap.
Donc bien sûr que c’est important, c’est un lieu d’échange.
Souvent les colloques sont peu intéressants parce que c’est tout le temps des gens qui se connaissent déjà, ceux que l’on fréquente tous les jours.
Or là, c’est ouvert au public d’où que l’on vienne.
Vous êtes donc plutôt confiante en ce qui concerne l’évolution de cette diversité dans le milieu du travail, et dans les mentalités.
Bien sûr, je crois qu’il y a eu un réel déblocage.
Ça bougé déjà, parce que tout simplement les gens ont appris à parler.
Il y a eu un mouvement général depuis quelques années.
En effet, il n’y a pas un employeur, même d’une petite boîte, qui n’ait pas entendu parler de la diversité.
Aujourd’hui c’est en train de changer indépendamment de la loi.
On comprend qu’il faut parler de la diversité et la mettre en place.
Il faut maintenant que l’on ne se dise plus : « Je ne vais pas postuler pour tel ou tel travail parce que je suis homo ou parce que je suis noir. »
Il faut être intransigeant quand il y a discrimination : à la fois condamner en interne et en externe celui qui a discriminé et de l’autre côté mettre en valeur les bonnes pratiques et la
bonne volonté.
L’être humain est par nature discriminant : on aime bien ceux qui nous ressemblent, simplement en mettant un cadre et en disant les choses, en donnant la loi, on réussit à rétablir les
choses.
Ainsi, contraint ou volontaire, il y a un phénomène qui est en marche, mais ça reste très fragile.
Propos recueillis par Zineb Mirad
Source :
BondyBlog
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