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L’hormone de croissance pour traiter l’obésité abdominale des patients VIH
Une faible dose de STH (hormone de
croissance) pendant 18 mois réduit de manière significative la graisse viscérale et l’obésité abdominale liées à l’infection VIH traitée par antirétroviraux.
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Une étude multicentrique a été conduite entre 2003 et 2007 sur 56 patients
infectés par le VIH et présentant une adiposité abdominale.
L’épreuve de stimulation de la STH chez ces malades montrait un pic de STH inférieur à 7,5 ng/ml .
Les patients ont été randomisés en deux groupes : l’un traité par de
l’hormone de croissance en sous-cutané, l’autre par un placebo.
La dose de STH était adaptée de manière à obtenir une concentration du facteur de croissance IGF1 dans le quartile supérieur de la normale et cela pendant 18 mois.
La dose de départ était de 2 µg/kg/jour.
Elle a ensuite été augmentée jusqu’à un maximum de 6 µg/kg/jour (dose moyenne de 0,33 mg/jour).
Les modifications de la composition corporelle ont été évaluées par scanner et
par absorption bi-photonique à rayons X (DEXA).
Les critères secondaires d’évaluation du traitement étaient la glycémie, le facteur de croissance IGF1, la pression artérielle et les lipides.
- La surface du tissu adipeux viscéral a diminué de 19 cm2
(IC 95% -37 à –0,3 cm2) ;
- la graisse abdominale a diminué de 0.8 kg (IC 95% : -1.5 à –0.04 kg-, p = 0.04) ;
- la pression diastolique a chuté de 7 mmHg (IC 95% : -11 à –2 mmHg-, p = 0.006) ;
- les triglycérides ont baissé de 7 mg/dL (p = 0.002) ;
- en revanche, la glycémie à deux heures au cours de l’HGPO a augmenté dans le groupe traité par STH en
comparaison du groupe placebo (+0.22 g/l, IC 95% : 0.06-0.37 g/l, p = 0.009) ;
Les concentrations d’IGF1 ont bien sûr augmenté en moyenne de 129 ng/ml (IC
95% 95-164 ng/ml, p < 0.001).
Les effets secondaires n’étaient pas supérieurs sous GH en comparaison du placebo (23%, IC 95% 9-44% vs 28%, IC 95% 13-47%, p
= 0.70).
De précédentes études avaient expérimenté des doses plus fortes de GH (2-4
mg/jour) pendant 12 semaines en se heurtant à d’important effets secondaires (œdèmes périphériques, arthralgies, hyperglycémie).
Cette étude semble prouver que le traitement avec des doses faibles de GH proches des doses "physiologiques" réduit de manière significative la graisse viscérale et l’obésité abdominale,
les triglycérides et la pression artérielle diastolique tout en présentant une excellente tolérance.
La difficulté consiste cependant à trouver la fenêtre thérapeutique idéale avec un rapport bénéfices/risques optimal sachant que celle-ci est très étroite et difficile à obtenir.
Ce traitement n’est pas encore approuvé par la FDA (Food and Drug Administration) dans l’adiposité abdominale chez le patient VIH.
D’autres stratégies comme l’utilisation de GHRH (hormone de libération de l’hormone de croissance) pourraient s’avérer plus intéressantes.
Dans la presse scientifique :
-> "Surpoids abdominal des patients HIV : effets de l’hormone de croissance à petite dose " ; Philippe Chanson ; (AP-HP, Paris)
->
"Low-dose physiological growth hormone in patients with HIV and abdominal fat accumulation" ; Lo, Janet MD, MMSc ; You, Sung Min BA ; Canavan, Bridget
MD ; Liebau, James ANP ; Beltrani, Greg BA ; Koutkia, Polyxeni MD ; Hemphill, Linda MD ; Lee, Hang PhD ; Grinspoon, Steven MD ; JAMA 2008 ; Volume
300(5) : 509-519.
Source : Femme&Sida
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