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Dimanche 19 octobre 2008 7 19 /10 /2008 05:59
- Publié dans : Vaincre le Sida

Des malades du sida condamnés à la mort à l’hôpital



L’hôpital du jour de l’hôpital Laquintinie qui prend en charge les personnes vivant avec le virus du sida ne compte plus qu’un seul médecin pour plus de 3000 malades. Se faire consulter ou valider son ordonnance est devenu depuis lors un parcours du combattant. Pourtant le suivi strict des traitements du sida est une obligation pour rester en vie. Ambiance de deuil au pavillon de l’hôpital du jour de Laquintinie à Douala.



Dès six heures ce lundi matin, ce centre de prise en charge des personnes vivant avec le virus du sida a été pris d’assaut par de nombreuses personnes vivant avec le virus de l’immunodéficience humaine.

A dix heures, la grande entrée déborde de patients qui attendent l’opportunité de déposer leur carnet de consultation dans une salle communément appelée Paramètre dans laquelle est assise une infirmière.

D’autres ayant réussi à passer ce cap attendent assis ou debout dans le couloir de la salle polyvalente en face de trois salles de consultation des médecins.

Arrivée à cette heure de la journée, un malade du sida sous traitements antirétroviraux se présente dans la salle du paramètre et présente sa situation.

« Apprécie toi même la pile des carnets de consultation que j’ai déjà devant moi. A ceux-ci, i faut ajouter un nombre impressionnant qui se trouve déjà devant le médecin. Je ne suis pas sûr qu’elle pourra recevoir ne serait-ce que la moitié des malades », stoïque y ajoute son carnet.

Dans la file des Pvvih (personnes vivant avec le VIH) qui attendent d’être reçus, des grincements de dents sont perceptibles.

« Je suis arrivée ici à 6 h 45 et n’ai toujours pas encore été reçue, des gens arrivés après moi l’ont déjà été », crie une dame debout et visiblement fatiguée.

Des plaintes similaires fusent.

Seul un médecin en l’occurrence le Dr Mayou est chargé de recevoir les nombreux Pvvih.
 
En effet, l’hôpital du jour de l’hôpital Laquintinie de Douala, le plus grand centre de prise en charge des Pvvih au pays et qui compte plus 3000 patients enregistrés ne compte que cinq médecins.

Ils sont seuls habilités à consulter les Pvvih, leur assurer le suivi clinique et valider les ordonnances des malades sous traitements, quitus nécessaire pour obtenir les antirétroviraux.

Les docteurs Enguene, Ngando, Episseyo, Kamdem et Moteng sont introuvables depuis des semaines.

Ils ont été affectés ailleurs comme c’est le cas pour le Dr Moteng, ou en congé ou en déplacement.

Le Dr Kouoh Ngambi de retour d’une formation de spécialisation en santé publique prête quelquefois main forte aux malades en attendant une nouvelle affectation.

Des indiscrétions glanées auprès de l‘hôpital Laquintinie présente le Dr Mayou Laetitia, seul médecin actuellement en service à l’hôpital du jour comme un médecin non formé à la prise en charge des Pvvih ; « Elle ne peut donc se limiter qu’à renouveler les ordonnances des malades et ne peut leur assurer une véritable prise en charge clinique », révèle sous anonymat un infirmier de l’hôpital Laquintinie.

Résistance au traitement programmé

Faute de médecins, de nombreux Pvvih sous traitement n’ont pas pu renouveler à temps les ordonnances leur permettant de bénéficier des antirétroviraux.

L’observance, qui est l’adéquation entre la prescription médicale et l’application qu’en fait le malade, doit pourtant être rigoureuse (à 95% au moins) pour les sidéens, afin qu’ils puissent non pas guérir, mais vivre avec le virus en empêchant sa prolifération et le développement de maladies opportunistes.

Ne pas suivre scrupuleusement son traitement fait donc courir de grands risques.

Depuis mai 2007, les ARV sont gratuits au Cameroun, alors qu’il fallait compter 21000 Fcfa par mois et par personne en 2001 pour se soigner.

La gratuité s’inscrivait dans le plan stratégique national de lutte contre le sida 2006-2010, qui vise à rendre les antirétroviraux accessibles à 75% des adultes et 100% des enfants en attente de ces traitements d’ici 2010.

Le nombre de patients sous ARV a augmenté au Cameroun depuis la proclamation de la gratuité de soins.

À ce jour, ils seraient plus de 40000, sur un total de 510000 personnes estimées séropositives.

Source : d'après Charles Ngah N sur Camer.be
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