Le Blog de Jj
ou la vie d'un papa gay à Toulouse
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Miriam Makeba nous a quitté et
Pata pata ....
La chanteuse sud-africaine Miriam Makeba, 76 ans, a succombé dimanche soir à une crise cardiaque juste après un concert donné en en Italie. Retour sur ce personnage fort de l'engagement
anti-apartheid à travers une interview réalisée en 2006.
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Miriam Makeba a été prise d'un malaise
juste après un concert d'une demi-heure donné dimanche soir à Castel Volturno, près de Naples.
Elle a chanté lors d'un gala dédié à Roberto Saviano, jeune écrivain menacé de mort par la mafia.
Myriam Makeba s'était produite régulièrement en Suisse.
Ce fut par exemple le cas au Festival de jazz de Montreux en 1978 et 1980, ainsi qu'au Paléo Festival de Nyon en 1984.
Ou en 2006 à Genève.
Cette année-là, elle avait donné un concert au Victoria Hall et accordé une interview à notre consœur Carole Vann.
Extraits choisis.
swissinfo: En 1990, après 30 ans d'exil, vous retrouviez votre pays enfin libre.
Myriam Makeba:
Cette liberté est merveilleuse.
Mais il y a encore tellement à faire : éradiquer le racisme et plein d'autres fléaux.
Notre démocratie est toute jeune, elle n'a que 11 ans.
On fait beaucoup d'erreurs.
Nous avons besoin de votre aide, les vieilles démocraties, pour avancer.
swissinfo: Vous dites être fatiguée, mais vous vous occupez d'un centre pour jeunes filles et mères célibataires.
M.M.: Vous
savez, tout le monde m'appelle «Mama Afrika».
Alors quand je suis revenue chez moi, je me suis demandé «qu'as-tu fait pour mériter ce nom ? »
J'ai créé il y a 3 ans ce centre Makeba qui accueille 18 filles entre 10 et 17 ans, orphelines, abusées.
On essaie de les réintégrer dans les écoles, de les aider à retrouver un sens dans la vie.
M.M.: Je ne sais pas très bien.
J'ai été la première artiste à être invitée à Addis Abeba lorsque l'OUA (Organisation pour l'Unité africaine) a été créée.
J'étais très jeune, j'avais 26 ans.
Là, j'ai rencontré les premiers Africains qui ont conduit leur pays à l'indépendance.
Tous ces hommes ont commencé à m'inviter dans leur pays.
Tous voulaient que Makeba vienne chanter chez eux.
Ainsi, j'ai pu connaître presque tout mon continent.
Je pense que mon surnom vient de là.
swissinfo:
«Pata-Pata» a été repris dans le monde entier.
Comment expliquez-vous ce succès retentissant?
M.M.: Je ne me
l'explique pas.
La chanson n'est pas du tout sérieuse, elle parle d'une danse qui signifie «toucher».
Je n'ai jamais compris pourquoi cette chanson, qui ne transmet aucun message, a pris une telle ampleur.
Même aujourd'hui, où que j'aille, le public la réclame.
J'aurais préféré qu'une de mes chansons engagées ait un tel succès (sourire).
Mais, bon, là le message, c'est de sentir ce qu'on
danse...
Un regret quand même: en 1956 quand je l'ai écrite, Makeba ne savait pas que, quand on compose une chanson, on doit enregistrer ses droits d'auteur.
Je serais devenue milliardaire rien qu'avec cette chanson.
Alors qu'aujourd'hui, je suis multimillionnaire, mais seulement en amour !
swissinfo: En regardant en arrière, quel bilan faites-vous de votre vie?
M.M.: Il y a des choses dont je peux être fière, et beaucoup d'erreurs que je ne referais jamais comme épouser Hugh Masekela (premier mari, musicien)...rires.
swissinfo: Comment voyez-vous la nouvelle génération de votre pays?
M.M.: Elle est
ravagée par le virus HIV.
C'est très difficile de toucher les jeunes sur ce fléau.
Pourtant nous y travaillons dur.
Mais les enfants continuent de tomber dans ce piège mortel à une rapidité affolante.
En même temps, beaucoup de jeunes s'engagent pour leur pays.
Mais ce sera un long combat.
On vient de loin.
C'est pourquoi nous avons besoin de vous, les vieilles démocraties pour nous aider à marcher, puis courir.
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M.M.: De plein
de manières.
Je me sens chaque fois désespérée quand je lis dans les journaux occidentaux le décompte des crimes, des viols, du sida, et bien d'autres horreurs qui se passent chez nous.
Ces mêmes médias ne mentionnent jamais que notre pays joue entièrement le jeu de la démocratie, que n'importe quelle organisation peut venir y compter le nombre de malades du sida.
Il n'y a pas beaucoup d'autres pays qui jouent le jeu de cette manière.
Alors, au lieu de nous assommer à coups de marteaux, pourquoi ne pas montrer dans vos médias l'autre côté de l'Afrique du Sud, le côté lumineux, merveilleux, celui qui se bat pour s'en
sortir.
Source : SwissInfo.ch
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