Le Blog de Jj
ou la vie d'un papa gay à Toulouse
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Toutes les couleurs
d'un cinéma arc-en-ciel
Dès aujourd'hui, et jusqu'au 30 novembre, des milliers de spectateurs verront la vie en rose, du moins sur grand écran. Chaque automne depuis 1988, le Festival Image et Nation constitue le rendez-vous incontournable du cinéma gai, décliné sous toutes les formes, des plus fauchées aux plus ambitieuses.
Depuis longtemps affranchis des «coming out stories» qui pullulaient à une certaine époque, les programmateurs peuvent sélectionner des oeuvres de cinéastes farouchement militants et d'autres, refusant toutes les étiquettes.
Outre un cadeau empoisonné (Filth and Wisdom, de Madonna la cinéaste, aussi médiocre que l'actrice) qui ne risque même pas de plaire aux admirateurs de la chanteuse, certains films, signés par de talentueux inconnus, valent le détour.
En voici quelques-uns à considérer.
Altromondo (Otherworld), de Fabiomassimo Lozzi
L'Italie comme vous ne l'avez jamais imaginée, ou celle dont vous rêvez secrètement : 43 vignettes et autant d'hommes, en grande majorité des acteurs criants de vérité, parlent à coeur ouvert de
leurs désirs secrets, de leurs furieuses envies ou d'un désespoir qu'ils ne peuvent cacher plus longtemps.
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De l'homophobe barbare au disciple servile de Madonna (eh oui, encore elle...
), du prostitué au grand coeur au jeune homo bien dans sa peau, ils semblent tous vouloir faire un joli pied au pape Benoît XVI, dont les propos sur l'homosexualité, soulignés à gros traits
en introduction, sont sans cesse contredits par ces pratiquants d'une tout autre religion...
Be Like Others, de Tanaz Eshaghian
Le régime islamique iranien ne s'étouffe pas dans ses contradictions.
Alors que l'homosexualité constitue le pire des crimes, et mérite le plus atroce des châtiments, l'État autorise qu'un homme ou une femme puisse changer de sexe.
Avec autant d'intérêt que d'incrédulité, nous suivons les difficultés d'Anoosh à convaincre son entourage de la pertinence d'une telle démarche -- et à s'habituer à porter le voile ! -- tandis que Vida, véritable «cheerleader», materne des garçons qui, comme elle autrefois, ne le seront plus.
Dans la salle d'attente de la clinique du Dr Mehrjalali, c'est toujours l'Iran, mais sous un jour, disons, décoiffant.
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Ciao, de Yen Tan
Après la mort accidentelle de Mark, son meilleur ami, Jeff découvre que celui-ci entretenait une liaison virtuelle avec un bel Italien de Gênes qui s'apprête à débarquer à Dallas pour le
rencontrer.
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Jeff doit lui apprendre la mauvaise nouvelle et alors que le souvenir du défunt plane sur ces deux hommes qui ne se connaissent pas, un lien indicible se tisse entre eux.
Une prémisse séduisante et deux acteurs qui le sont tout autant ne suffisent toutefois pas à rehausser une mise en scène sans relief et un film tapissé de grandes intentions, dont celle de rendre hommage à My Dinner with Andre, de Louis Malle.
Impitoyables sont parfois les comparaisons...
Sex Positive, de Daryl Wein
En plus d'avoir la langue sur la peau de ses nombreux clients, Richard Berkowitz ne l'avait pas dans sa poche lorsqu'au début des années 1980, la communauté gaie était frappée d'un mystérieux
cancer, vite connu sous le nom de sida.
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En compagnie d'un aspirant chanteur et d'un médecin respecté, il allait faire la promotion d'un concept qui ne semble pas toujours facile à vendre, même aujourd'hui : le «safe sex».
Combiner condom et plaisirs pour un groupe qui sortait enfin du placard apparaissait alors comme une provocation, et Berkowitz, accusé de tous les maux, dont celui de vouloir sonner la fin de la récréation sexuelle, en paiera le prix.
L'homme vit
toujours, dans un grand dénuement, et une amertume impossible à camoufler.
The Universe of Keith Haring, de
Christina Clausen
Assurément l'incontournable de cette 21ème édition.
On connaît Keith Haring pour ses personnages colorés et irradiants, et l'artiste, ami d'Andy Warhol, qui voyait en lui son plus fier et plus doué disciple, va produire une oeuvre immense, visible aux quatre coins du monde, toujours reconnaissable et très séduisante.
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Cette figure agitée de la scène artistique new-yorkaise des années 1980, chouchou des stars (dont Madonna, que voulez-vous... ) et proche des enfants, va terminer trop vite sa course fiévreuse vers la gloire, autre talent fauché par le sida, le 16 février 1990.
Sa famille et ses plus fidèles camarades, dont le cinéaste David LaChapelle et l'invraisemblable Yoko Ono (qui aurait entendu Haring lui dicter, de l'au-delà, le lieu où répandre ses cendres... ) témoignent de son infatigable créativité.
Source : LeDevoir
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