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Au Gabon, des jeunes "curieux" face au VIH-sida
LIBREVILLE - Ghislain, un Gabonais de 19 ans, a appris que "vivre avec le VIH (virus du sida) est différent d'avoir le sida" lorsqu'il s'est rendu "par curiosité" à l'unique Point Info Sida de son pays, situé à Nzeng Ayong, dans la banlieue de Libreville.
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Assis à une table ronde, Ghislain Diyombi Méa, 19 ans, est venu avec ses camarades de classe dans ce Point Info Sida, qui a ouvert ses portes en mars dans les locaux de la mairie.
Tous sont là "juste par curiosité", après avoir entendu parler de ce lieu créé par Sida Zéro, une des associations doyennes dans la lutte contre le sida au Gabon.
Mais Ghislain est l'un des rares à avouer qu'il ignorait jusqu'alors la différence entre séropositif (porteur sain du virus) et sidéen (malade du sida).
"Sincèrement, je ne le savais pas", assure-t-il à l'AFP.
Yann Angoué Edou, 19 ans également, trouve que le sida est "une maladie honteuse", mais il ne cache pas son intérêt pour le test de dépistage au VIH.
"Ca peut être d'abord positif et ensuite négatif?", demande-t-il, en compulsant un des documents qui envahissent tables et étagères de la salle climatisée.
Selon des chiffres officiels rendus publics en janvier, le taux de prévalence au VIH était de 5,9% en 2007 (en baisse de 2,2% par rapport en 2004) au Gabon, qui compterait quelque 54.000 personnes vivant avec le virus.
D'après les spécialistes, ils traduisent en fait une "stabilisation de l'épidémie" plutôt qu'une diminution, puisque 2.000 nouvelles infections ont été notées entre 2004 et 2007 dans ce pays de moins de 1,5 million d'habitants.
"C'est idiot d'être contaminé bêtement. (...) On peut éviter ça, aujourd'hui", commente un élève de terminale, qui préfère taire son nom, une brochure à la main.
"Le sida, on a l'habitude d'en discuter en classe, avec des amis. A la télé aussi, on voit des pubs qui en parlent, il n'y a plus de tabou!", ajoute-t-il, avant de consacrer toute son attention à un des films éducatifs "Scénarios d'Afrique" que vient de lancer Steeve Tchinga, l'animateur principal du Point Info Sida.
Ces courts films tirés de textes de jeunes du continent, réalisés par de grands noms du cinéma africain et diffusés gratuitement en Afrique, sont parmi "ce qui marche le plus auprès de jeunes" en quête d'information sur le VIH-sida, affirme Steeve, 28 ans, moulé dans un polo blanc.
"Il y a les livres, les brochures, les périodiques... Mais ces films-là leur parlent de situations qu'ils connaissent, ils se voient dedans", ajoute l'animateur, évoquant notamment "des professeurs qui +moyennent+ les notes contre sexe ou argent".
Les jeunes ne sont pas les seuls habitués de ce centre.
On peut aussi y croiser des adultes, qui s'éclipsent à l'arrivée de groupes d'élèves ou une femme enceinte, pensive, dans un coin.
"Il y a quelques années, on ne voyait pas ça. C'est très bien", se réjouit Perpétue Ndong, présidente de Sida Zéro qui a tenu à implanter le Point Info Sida dans l'arrondissement de Nzeng-Ayong.
Le "plus peuplé de Libreville", avec quelque 175.000 des 600.000 habitants de la capitale, selon elle.
"Il y a beaucoup de jeunes ayant besoin d'infos sur le sida (...) Notre société ne nous a pas permis dès le départ d'oser parler de sexe avec nos enfants, on est resté cloîtrés là-dedans, il est temps de briser ce verre", déclare-t-elle.
Pour Francheska Ivelet Wora, 17 ans, c'est déjà fait.
"Des fois, à la maison, on en parle avec papa", dit-elle, avant d'ajouter en souriant: "mais je viens ici, puisque je trouve ça intéressant".
(©AFP / 30 novembre 2008 09h39)
Source : Romandie
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