Le Blog de Jj
ou la vie d'un papa gay à Toulouse
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Vous avez demandé le 911, ne quittez pas !
Le meurtre de Kitty
Genovese
Le 13 mars 1964,
vers 3h du matin, Kitty Genovese est assassinée. Elle a 29 ans, elle est belle, elle est homosexuelle. La scène qui se déroule devant 38 témoins, dure une heure et demie. Personne toutefois
n'appellera la police. Certains témoins diront ne pas avoir appeler la Police parce que trop de numéro à composer, et d'autres s'en seront chargés ! De cette horrible histoire seront
créés :
- le 911 appel
d'urgence,
- et le syndrôme Kitty Genovese (l'effet Genovese).
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La scène va durer 1h30.
Kitty Genovese est poignardée à deux reprises dans le dos derrière le réverbère d'une rue commerçante.
Elle crie.
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Un témoin va, enfin, appeler la police.
Les secours vont arriver quelques minutes plus tard.
Kitty Genovese, mortellement blessée, va mourir sur la route de l'hôpital.
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Dans les semaines qui vont suivre le meurtre, la presse va se déchaîner à l'encontre des 38 témoins.
Et pourtant...
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Darley et Latane vont, comme tout psychologue social qui se respecte, aborder la situation d'un point de vue neutre et scientifique.
Ils vont découvrir un phénomène psychologique que nous avons probablement tous rencontré dans notre vie : la diffusion de responsabilité.
L'ensemble des personnes en effet s'est tenu le même raisonnement
: "Nous sommes tellement nombreux qu'il y a sans doute déjà quelqu'un qui aura appelé la
police".
La caractéristique à la fois dramatique et fascinante de la situation tient en ceci, bien entendu, que l'ensemble des témoins a, tout à fait séparément, tenu le même raisonnement
original.
Avec pour conséquence malheureuse que personne n'a décroché son téléphone pour venir en aide à Kitty Genovese.
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L'affaire Kitty Genovese: conclusions
La morale de cette sordide histoire ainsi que des découvertes de Darley et Latane pourrait être que si vous êtes dans une situation (sur la
route par exemple) qui réunit les caractéristiques suivantes :
• vous êtes un témoin parmi de très nombreux témoins (d'un accident, d'une agression),
• une petite voix en vous vous dit qu'il n'est pas besoin de porter secours ou d'intervenir parce que quelqu'un d'autre l'a déjà probablement fait étant donné que vous êtes tellement
nombreux...
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Et si l'homosexualité assumée de Kitty Genovese était la raison pour laquelle personne n'est intervenu ?
C'est en tout cas l'une des hypothèses reprise par Didier Decoin dans son livre .
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| « D’après le rapport des flics, ils étaient trente-huit. Trente-huit témoins, hommes et femmes, à assister pendant plus d’une demi-heure au martyre de Kitty Genovese. Bien au chaud derrière leurs fenêtres. Certains entortillés dans une couverture, d’autres qui avaient pris le temps d’enfiler une robe de chambre. Aucun n’a tenté quoi que ce soit pour porter secours à la pauvre petite. » Didier Decoin s’est inspiré de ce fait divers, qui fit d’abord l’objet d’un entrefilet, « une habitante du quartier meurt poignardée devant chez elle », avant de passer à la Une de tous les journaux, une fois que la lâcheté des témoins devint le vrai sujet d’enquête pour la presse. New York, une nuit de mars 1964 dans le Queens, une ville encore insalubre et dangereuse, un trottoir mal éclairé, et c’est aussitôt pour l’auteur de John l’Enfer le prétexte à un saisissant roman où sous un tapis de neige, nous découvrons les atrocités que commit un tueur en série. Se détachent en personnages de chair la coquette Kitty, poignardée, le tueur Winston Moseley, monstre froid et père de famille qui ne jouissait pleinement que de victimes mortes, le narrateur Nathan Koschel, les journalistes en filature, les habitants planqués derrière leurs fenêtres ouvertes sur le crime. Qui est le plus coupable ? Le criminel ? Ou l’indifférent qui entend la plainte de la victime sans réagir ? |
Vous avez dit ?