Jeudi 23 avril 2009
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Publié dans : VIH
On refuse son sang, il porte plainte
Un Alésien de 28 ans a déposé une plainte contre X pour discrimination devant le procureur de la République d'Alès après un refus de don du sang pour cause d'homosexualité.
L'Etablissement français du sang (EFS) se fonde sur un récent arrêté du 12 janvier 2009 qui écarte définitivement tout donneur masculin ayant eu des rapports sexuels avec un autre homme,
même de façon protégée.
Dans le cas des hétérosexuels, ne sont rejetés que les donneurs ayant eu un rapport non protégé avec un partenaire récent ou occasionnel et en cas de multipartenaires.
Une période de quatre mois après le dernier rapport est nécessaire avant de pouvoir donner à nouveau son sang.
Une législation « passé totalement inaperçue » qu'Alexandre Marcel a découverte avec incrédulité.
L'affaire a été confiée au cabinet d'avocats montpelliérain de Me Phung. « C'est une discrimination d'Etat, confie Alexandre Marcel. Comment vouloir que les orientations sexuelles soient
acceptées par la société si l'Etat a un comportement discriminatoire et s'il stigmatise les homosexuels ? »
Vivant en couple depuis plus de quatre ans, l'Alésien n'accepte pas que le donneur universel qu'il est (groupe O) ne puisse pas donner son sang.
« En tant que citoyen, je n'accepte pas d'être communautarisé de la sorte, à mon insu. En plus je suis catalogué à vie comme homosexuel dans le fichier de l'Etablissement français du sang.
»
Et il n'apprécie pas non plus que son « homo-sentimentalité » lui vaille une étiquette d'infidélité potentielle pour son partenaire.
Car en filigrane, c'est bien ce qui est présupposé.
« Il y a aussi des hommes qui trompent leur femme et des femmes qui trompent leur homme. Ce n'est pas parce que l'on est homosexuel que l'on ne peut pas être fidèle. Les catholiques qui suivent
le Pape n'utilisent pas de préservatif. Cela n'en fait pas une communauté à risque. »
« Avec cette loi, on en reste sur l'image sida égale homosexualité. C'est profondément injuste », plaide Maître Abratkiewicz, qui rappelle que la législation française interdit
toute discrimination fondée sur l'orientation sexuelle.
Tout comme la législation européenne et la Charte des Droits de l'Homme.
« La directive européenne préconise des critères médicaux et pas seulement l'orientation sexuelle. »
A Toulouse, le directeur de l'EFS défend le texte du ministère de la Santé « pour des raisons de sécurité ».
« Pour le sida, les études montrent que, pour les homosexuels masculins, le taux de contamination est entre 60 et 100 fois plus important que pour le reste de la population. Et que le taux de
multipartenariat est bien supérieur aux hétérosexuels. En médecine, nous sommes obligés de raisonner statistiquement. Et le risque est beaucoup plus important », affirme le docteur
François Destruel.
Le médecin explique qu'après une contamination, le virus du sida n'est pas dépistable dans les quinze jours dans 100% des cas et qu'il peut être dépisté dans 90% des cas au
bout d'un mois.
Au bout de quatre mois, il est détecté de façon certaine pour l'EFS.
Mais pour Alexandre Marcel cela n'enlève rien à la présupposée infidélité des homosexuels.
Thierry
DUBOURG
Source : MidiLibre
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