Le Blog de Jj
ou la vie d'un papa gay à Toulouse
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Un arc-en-ciel dans le Papeete by night
Près de 300 croisiéristes venus des quatre coins du monde, ont débarqué le 25 avril du Paul Gauguin afin de visiter les îles Sous-le-Vent. Rien de très original me direz-vous… Quoi que,
dans le contexte touristique actuel ! Sauf que ces passagers ont tous un point commun : ils sont gays.
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Le “business rose” se développe et les commerçants voient, dans cette clientèle d’avant-garde, une nouvelle manne financière.
En métropole, son pouvoir d’achat fait rêver bien des boutiquiers ; un pouvoir d’achat 30% supérieur à la moyenne, due à une forte propension à consommer, les homosexuels - classés
aux Etats-Unis dans les très courtisés Dinks (double income, no kids, deux salaires et pas d’enfants à charge) - ont de quoi attirer les marchands.
Arnaud Anjou, organisateur d’événements et notamment de défilés de mode, et Benny, patron de la discothèque le Be Angel, l’ont bien compris et ont décidé d’organiser une soirée à Tahiti en leur
honneur, la Rainbow night au Be Angel à partir de 22 heures.
Une soirée “friendly gay”, comme ont dit.
Une première en Polynésie qui n’est pas sans rappeler qu’une communauté homosexuelle existe bien.
L’idée a germé dans la tête d’Arnaud lorsque “un couple d’amis canadiens qui participe à cette croisière m’a demandé ce qu’il y avait à Tahiti pour le gay, les endroits où sortir. Et là, j’ai
eu un gros blanc, je n’ai pas su quoi lui répondre. J’ai alors contacté Benny, du Be Angel, qui a immédiatement accepté l’idée d’une telle soirée”, relate Arnaud.
Aucune réticence en effet de la part du propriétaire de la discothèque qui, au contraire, voit dans cette soirée l’occasion de faire une grande fête.
“Les clubs gays sont réputés pour être très festifs.
Et puis, ce sont des touristes comme les autres.
Je pense qu’aujourd’hui, il faut avoir l’esprit ouvert et accepter la différence.
Les homosexuels sont des gens comme tout le monde, qui vivent en couple, qui s’aiment et qui on besoin de se retrouver pour faire la fête.
D’ailleurs, depuis le temps que j’organise des soirées, je n’ai jamais eu autant de réactions positives et de réservations.
C’est sûr qu’il va y avoir, pour certains, un peu de voyeurisme.
Mais, c’est aussi l’occasion de casser les idées reçues et les tabus”, commente Benny.
Car des tabus, quand on parle d’homosexualité, il en existe encore beaucoup.
Et c’est bien pour échapper au cliché du “Piano-bar” qu’Arnaud a souhaité organiser sa soirée dans un autre lieu.
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Pour vivre heureux, vivons caché…
Discrète et presque effacée, cette communauté compte pourtant bon nombre de représentants, gays ou lesbiennes.
Mais même au sein de l’association Cousinscousines, créée pour permettre aux homosexuels hommes ou femmes de se réunir, de parler et de partager des activités, “il nous est difficile de dire
exactement combien nous sommes en Polynésie”, affirme Caroline, vice-présidente de cette association.
"C’est encore un sujet tabu et le poids du regard des autres et surtout de la famille est encore très lourd à porter.”
La religion également, très présente, contribue
semble-t-il à maintenir cette chape de plomb et à garder le secret d’une sexualité “hors normes”, avec les conséquences parfois désastreuses que cela implique.
“Les homosexuels sont souvent rejetés et exclus de la famille, d’autant plus si cette dernière est très catholique.
Gays et lesbiennes font également l’objet de railleries, de harcèlement et parfois même d’agressions de la part d’autrui.
La Polynésie est, à mon avis, assez tolérante, mais les conceptions religieuses fortes de certaines familles font souvent face à l’incompréhension et au rejet.
Les homosexuels sont souvent des personnes faisant preuve d’hyper esthésie, c’est-à-dire d’une très grande sensibilité.
Ils sont donc certainement encore plus en souffrance face au regard des autres et au fait de se sentir rejeté.
Cette exclusion de la cellule familiale, la culpabilité et le désarroi que cela entraîne peuvent les conduire jusqu’au suicide”, explique Stéphane Amadéo, médecin et président de SOS
suicide.
“Pour être heureux, vivons cachés”, dit le dicton, car il est plus confortable d’appartenir à un groupe majoritaire.
Certains protègent leur vie privée de nondits, vivent dans le mensonge pour justifier l’absence de petit(e) ami(e).
On s’invente un ou une fiancé(e) improbable, ou on demande à un ou une ami(e) de jouer le rôle du ou de la fiancé(e).
Parfois, un collègue jouera le rôle de la fiancée…
L’homosexualité peut rester un secret familial.
“Si mon père sait ça, je me fais tuer”
Lors de ce reportage, nous avons tenté de glaner quelques témoignages et si presque tous ont accepté spontanément de parler de leur homosexualité, la majorité souhaite que le prénom soit
modifié.
L’un d’eux s’est exclamé au téléphone “parce que si mon père sait ça, je me fais tuer”…
Il n’est d’ailleurs jamais venu aux rendezvous fixés par deux fois.
Certainement par crainte…
Ces personnes nous ont livré, parfois, leur désarroi, pour mieux comprendre, pour que l’homosexualité soit enfin acceptée.
Si les choses ont beaucoup évolué, tous en conviennent : il reste encore un long chemin à parcourir.
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Aujourd’hui, des couples se forment sans que les voisins trouvent à redire et quelques uns d’entre eux parviennent à être perçus à l’égal des duos hétéros.
Mais, pour Xavier : “Aujourd’hui, c’est toujours difficile d’être accepté. On est loin d’avoir abattu tous les préjugés”.
La Rainbow night est donc l’occasion pour la communauté homosexuelle de s’exprimer, de se retrouver et de vivre au grand jour le temps d’une nuit.
Une soirée “gay friendly” aux couleurs du drapeau arc-en-ciel, sept bandes horizontales aux couleurs symbolisant, de haut en bas : le rouge pour la vie et la guérison, l’orange pour la
santé et la fierté, le jaune pour le soleil, le vert pour la sérénité, le turquoise pour l’art, l’indigo pour l’harmonie, le violet pour l’esprit.
Une soirée pour tous les goûts, toutes les tendances et de toutes les couleurs.
Car, loin d’être sexiste, cette soirée est ouverte à tous, même aux hétéros.
Pas de discrimination !
d'après Carine Chamfrault
Source : LaDépêcheDeTahiti
bonne journée bises
Bonne journée,
Bises