Lundi 29 juin 2009
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Publié dans : Tranche de Vie
Une vie d'Hommes... (39)
Après notre « réconciliation » H. et moi ne nous quittons plus, les
jours sont à nouveau beaux et nous envisageons de belles choses pour l’avenir, à savoir quelques promenades avec les enfants, enfin, à l’origine c’est ce qui est prévu, mais pour le moment…
H. veut retourner au Maroc, il insiste pour me payer le voyage, ce qu’il fait, nous partons an août de la même année, ce sera mon plus beau voyage, pas de problèmes cardiaques à l’horizon, nous
refaisons le même itinéraire comme un pèlerinage, un retour à l’endroit où nous avions passé des vacances beaucoup moins agréables il y a quelques temps.
Marrakech, même dans l’avion et à l’arrivée, ce n’est pas la même aventure, nous arrivons dans le même hôtel, H. avait réservé, mais quand nous arrivons, la seule chambre disponible est un petit
réduit sous la toiture, la température y est étouffante, je risque le malaise dans de telles conditions, mais ne dis rien, quant à H. il n’accepte pas.
Descendu à la réception, je ne sais ce qu’il trouve, mais la solution arrive rapidement, nous avons, je dois dire, une des plus belles chambres, à l’ombre du patio, avec climatisation, salle de
bain, bref, pour un hôtel comme celui là, une chance.
Nous séjournerons dans cette chambre jusqu’à notre départ pour Essaouïra où nous aurons une chambre agréable mais comme à l’accoutumée, humide à souhait.
Les embruns de la mer à proximité n’aident pas non plus, la chaleur y est pour beaucoup également, nous nous offrons le luxe de quelques restaurants de la ville, quelques beaux endroits, pour le
plaisir des yeux comme on dit souvent là bas, mais le plaisir gustatif également.
J’aime à être avec mon p’tit homme dans ce moments là, des moments privilégiés où il est tout à moi, j’aime à être en sa présence, il me manque dès que je ne le vois plus, même encore
maintenant.
Il faut reconnaître que notre amour a survécu au cataclysme d’humeur que nous avons traversé, une nouvelle confiance, différente des années précédentes, une confiance basée uniquement sur la
franchise et l’honnêteté, on ne doit plus être jaloux de telle ou telle situation, la confiance est primordiale, la vie est trop courte pour ne pas en profiter.
Au retour d’Essaouïra, nous n’avons pas de chambre, en fait, dans cet hôtel bon marché et bien placé, trop de monde gère les allers et venues des clients et chacun y va de sa petite touche
personnelle, si bien que, lorsque l’on arrive, si un client est arrivé avant nous, et que, à force de persuasion il réussit à dissuader le gérant du moment, il se retrouve à avoir la chambre que
vous aviez réservé, bref, en quelques mots, il n’y a pas de réservation…
Sur notre insistance et notre mécontentement nous sommes redirigés vers un autre hôtel, beaucoup plus luxueux puisqu’il s’agit d’un véritable Riad transformé en hôtel, nous y séjournerons une nuit
en attendant que se libère enfin une chambre dans notre hôtel habituel, c’est le même propriétaire, enfin la même famille en tous les cas.
Nous goûtons au plaisir du Riad et de sa cour intérieure, aux chambres magnifiques à la déco soignée, ainsi que le petit déjeuner en terrasse au toit de l’immeuble avec canapés, coussins et
tentures locales… un ravissement.
Après ce bon petit déjeuner nous regagnons notre hôtel, nous avons une chambre avec balcon sur le devant de l’hôtel, face à la place où se trouvent les calèches.
Nos chambres, toutes celles que nous avons, en dehors d’Essaouïra sont toutes à deux lits, voire trois pour la chambre que nous avions eu en arrivant, elles sont toutes décorée sur la même base,
des dessus de lit vieux rose, une armoire en bois de couleur verte, un miroir au style arabisant vert également et des tapis dans cette armoire pour les instants de prière.
A notre retour du Maroc, nous aurons les sacs pleins de cadeaux, H. en fera aussi aux enfants, de mon côté il en est de même ainsi qu’à K.
Dans la nuit du 3 au 4 octobre 2007, K. fait une nouvelle tentative de suicide, les enfants m’appellent, un peu désabusés par la situation, elle repartira très longtemps dans la maison de repos,
nous lui rendons visite au même endroit, mais pour ma part, moins souvent, trop fatigué par les allers retours que j’espacerai finalement pour ne venir qu’une à deux fois par semaine, et les
week ends.
La famille de K. viendra également, les sœurs surtout, y compris un frère qui viendra de La Réunion en vacances et qui passera quelques jours avec nous. H. se joindra à nous pour plusieurs repas,
dont un chez moi, après le travail.
Je suis en cuisine à aider, Pierrick, mon beau – frère et son épouse, Josée, à préparer le repas avec Henri le frère de cette dernière, nous parlons de choses et d’autres, H. quant à lui est adossé
à l’évier et semble au demeurant très fatigué de sa journée, à tel point qu’à un moment il me signale discrètement qu’il ne comprend rien de tout ce que l’on dit…
Oups, oups, effectivement, il ne peut pas comprendre nous sommes tous les quatre à parler en créole chose que nous faisons tout naturellement et nous n’avons pas fait attention que H. ne
comprenait pas, ce qui, bien entendu, nous pousse à rire… H. après ces années ne savait pas que je parlais créole, et bien sûr nous n'avions jamais été amenés à suivre une telle conversation devant
lui !
Nous faisons alors l’effort de parler un français compréhensible, mais le naturel revient au galop et nous reparlons en créole au bout de quelques minutes…
H., plus attentif, comprendra quelques mots rapidement et distinguera finalement la teneur de nos discussions, quand les mots seront plus scabreux, nous lui expliquerons en français la teneur de
nos discussions…
Avec K. maintenant tout va pour le mieux, nos repas de famille sont souvent tous réunis, H. y est souvent conviés, pas toujours disponible de sa part, mais il fait en sorte d’être présent, même
quand tous les enfants sont présents, notamment T2 qui a quitté la Marine après son coup d’éclat suite au décès de mon père.
Il vit maintenant à Londres, il y travaille, et combat également en free fight, un sport très violent où les combattants se
retrouvent dans une sorte de cage et s’en donnent à cœur joie jusqu’au K.O. de l’adversaire ou à peu de choses prêt, mais il est taillé pour, ce qui ne m’empêche pas de paniquer à l’approche des
dates de combat.
Nous sommes maintenant grand parent, K. et moi, mais aussi H. à qui ma fille et son compagnon lui ont « remis » le titre glorieux de « papi »…
Là aussi, à la naissance en janvier de notre petite fille, des gestes de sympathie ont été faits depuis le travail de H..
Deux collègues ont offert, chacune leur tour, un cadeau à la petite, puis de manière générale le bureau de H. a offert aussi un cadeau collectif… de mon côté, au point de vue du travail, rien bien
entendu, pas même une carte, je n’attends rien de leur part mais cela prouve bien le haut niveau d’intelligence de mes collègues…
Nombre de mes collègues, toutes féminines d’ailleurs, ne reconnaissent pas encore à un homosexuel la possibilité d’être père eu à une période de sa vie, comme quoi l’homosexualité pour beaucoup est
encore synonyme de stérilité, ce qui, comme l’exprime certaine femme politique, l’homosexualité doit être un choix de vie ; il est certain aussi que des hétérosexuels ont forcément choisi à une
période de leur vie de ne pas avoir d’enfants alors qu’ils sont stériles… ne mélangeons pas, je sais, l’hétérosexuel Doit avoir des enfants, même si ce n’est pas son désir… l’homosexuel non !!
J’ai surtout fait le choix à une période de ma vie de ne pas assumer mon homosexualité, j’assume maintenant… et je suis grand père !
A suivre...
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