Lundi 21 septembre 2009
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Publié dans : Les Infos du jour
Roubaix :
Empoisonneur en série ?
Un dossier hors norme : une sorte de gigolo homosexuel vieillissant qui
empoisonne avec des médicaments son entourage. Trois jours de débats aux assises du Nord avec un verdict prévu demain.
« J'ai découvert tôt mon homosexualité, j'avais le physique de Mike Brant, j'en ai beaucoup profité », lâche l'accusé.
Disons que, depuis, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts.
Le Roubaisien parle d'une vie luxueuse dans sa jeunesse, de relations avec un grand industriel et un homme d'Église.
« On ne sait pas si tout est exact mais vous avez plutôt sombré dans la marginalité ensuite », note le président Jean-Michel Faure.
C'est même une histoire sordide qui amène l'accusé devant la cour d'assises.
Un jour de mai, des odeurs de putréfaction donnent l'alerte.
La porte du modeste appartement lillois est forcée.
Les policiers découvrent un cadavre, nu sous les couvertures, dont la mort remonte à quelques jours.
L'autopsie d'Emmanuel M., 38 ans, permet de découvrir dans le foie une importante dose de Laroxyl, un antidépresseur.
Ce serait la cause de la mort.
Bientôt, les parents d'Emmanuel M. signalent que « quelqu'un » utilise le téléphone portable et le chéquier du décédé.
Enquête : parmi les correspondants téléphoniques de l'inconnu figurent une parente et un ami d'Hocine Chaouch.
Le Roubaisien est arrêté.
Il nie tout empoisonnement.
Selon lui, à Lille au parc Vauban, il avait dragué Emmanuel M.
Après de nombreux verres, M. propose une nuit commune.
Finalement, dans l'appartement, Chaouch refuse la relation sexuelle car la future victime ne lui inspire pas confiance côté séropositivité.
Il regarde à la télé une cassette sur Dalida et, trois heures plus tard, découvre Emmanuel M., mort, nu, allongé dans une position foetale.
Chaouch, selon lui, n'arrive pas à le ranimer, n'appelle pas les secours, prend peur et se sauve avec chéquiers, téléphone portable et carte grise.
Détail : il existe, comme l'atteste la Sécurité sociale, des ordonnances de Laroxyl pour Chaouch mais aucune pour Emmanuel M.
Bref, on soupçonne Chaouch d'avoir empoisonné le jeune homme avant de le voler.
Hier, devant les jurés, Me Cécile Carrillon défend mordicus la mémoire d'Emmanuel M., la victime.
L'« empoisonneur » est accusé de lui avoir «
volontairement administré des substances nuisibles ayant entraîné la mort sans intention de la donner. »
L'accusé ne reconnaît que les vols...
Tentative de
meurtre
Pourquoi avoir peur de la police ?
Parce qu'en 2002, il écope de 5 ans pour tentative de meurtre et tentative de vol !
Et c'est là que les enquêteurs commencent à halluciner : on découvre qu'au moins quatre amis de l'accusé - généralement marginaux, dépressifs et homosexuels - se sont retrouvés à l'hôpital pour des
intoxications médicamenteuses involontaires !
Toutes ces victimes ayant partagé un moment de la vie de Chaouch ont constaté en même temps des vols.
Un sérial
empoisonneur ?
Les quatre figurent aussi comme victimes dans le dossier d'instruction de la juge Marianne Jamet.
Mieux : Chaouch ayant été remis en liberté un temps dans la première affaire, deux nouveaux dossiers sont ouverts au criminel contre l'accusé !
Une des deux victimes est morte...
Source :
NordEclair
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