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Au coeur de violences familiales, l'homosexualité d'un fils
L'affaire a éclaté en juillet 2008. Un jeune de 21 ans se confie à une personne dans le centre d'animation jeunesse qu'il fréquente alors. Il se plaint de violences que lui ferait subir
fréquemment son père, un habitant de Libercourt âgé aujourd'hui de 50 ans. Le fils vit à l'époque chez lui.
Les parents sont séparés.
Le père s'est construit une nouvelle famille.
Les violences ont-elles commencé avant ou après que le fils lui ait parlé de son homosexualité ?
La réponse reste floue.
Toujours est-il que le père, « d'origine musulmane, n'a pas digéré une telle nouvelle », précisait jeudi, devant le tribunal de grande instance de Béthune, son
avocate.
La procureur reviendra sur les violences décrites dans le procès verbal, qui se résument à des gifles essentiellement, mais pas seulement.
« Un jour, alors qu'il venait de voler un fromage dans un magasin, vous le lui avez écrasé sur la tête, a-t-elle rappelé. C'est très humiliant. »
À la barre, le père reconnaît, mais se justifie : « Je sais que j'ai eu tort de répondre à la violence par la violence . »
La procureur s'interrogera : « Je ne sais pas de quelle violence vous parlez de lui à vous. »
Lorsque le juge relate une scène au cours de laquelle le père aurait utilisé « un câble électrique », ce dernier rectifie : c'était une gaine.
« Tout ce que cette affaire lui inspire, c'est ce genre de détails », martèle la représentante du parquet.
Cette dernière revient sur la personnalité d'un fils « qui se cherche beaucoup », baignant dans un contexte familial très compliqué et qui essaie, « en commettant des
erreurs, certes, de retenir l'attention de son père ».
En fin de compte, « le père préférait donner des coups plutôt que de chercher le dialogue », conclut-elle avant de requérir 8 mois de sursis
simple.
La défense parlera d'une histoire plus compliquée qu'elle n'en a l'air.
Revenant sur le parcours chaotique du fils, actuellement placé.
« Son éducatrice indique dans un rapport qu'il est suivi en psychiatrie », précise l'avocate, parlant de « provocations d'un mineur qui voulait pousser à bout ses
parents. »
Indiquant aussi qu'aujourd'hui, les deux hommes se revoient et que le fils se sent mieux psychologiquement.
« Il a même passé quelques jours chez son père en février. »
Si le tribunal a reconnu le prévenu coupable, il a opté pour une peine plus légère que les réquisitions : 60 jours-amende à 5 € .
Il devra aussi payer 500 € à la partie civile.
C.
W.
Source : LaVoixDuNord
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