Le Blog de Jj
ou la vie d'un papa gay à Toulouse
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Faire son coming out à l'école, c'est possible
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Ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants... Johan*, 16 ans, ironise sur la
traditionnelle formule de conte de fées pour illustrer le concept d'hétérosexisme ambiant dont parle l'auteur Elisabeth Thorens-Gaud dans Adolescents homosexuels, des préjugés à
l'acceptation.
Ayant eu un rapport sexuel avec un garçon pour la première fois à 14 ans, Johan a fait du chemin depuis ses premiers questionnements, à 12 ans.
Son coming out a eu lieu en classe, à Gland : au début, je me suis renfermé sur moi-même, raconte-t-il.
Je ne me sentais pas accepté.
Puis, en 7e, un prof m'a soutenu en provoquant une discussion.
La classe est devenue vachement soudée et tout le monde prenait ma défense quand ça n'allait pas avec d'autres collégiens...
La discrimination passait surtout par des insultes.
Beaucoup d'insultes, se remémore-t-il, et une fois, un gars plus grand s'en est pris à moi physiquement !
Julie*, 16 ans, gymnasienne à Nyon, a fait son coming out après une année à porter son secret toute seule.
Ses doutes sur sa sexualité ont débuté à 14 ans.
Aujourd'hui, elle se définit comme bisexuelle: mon ancien meilleur ami était gay.
C'est avec lui que j'ai pu en parler.
Pendant une soirée avec des amis, tout est sorti !
A l'école, Julie ne trouve pas de soutien et n'en cherche pas: ça aurait été difficile d'aller voir un adulte de l'école que je ne connaissais pas.
Ce qu'elle aurait aimé ?
Que les profs en parlent pendant les cours, qu'ils informent la classe sur les personnes à qui s'adresser, les numéros de téléphone utiles...
Cette période de mal-être est maintenant dissipée. Le suicide, ils reconnaissent y avoir pensé.
Dès qu'on est différent, on a des idées noires, tempère Julie.
Et les cours d'éducation sexuelle ?
Je n'ai jamais entendu parler d'homosexualité, ou alors, en trente secondes, le sujet était balayé, regrette Johan.
Même avis du côté de Julie.
A Profa, fondation reconnue par l'Etat de Vaud, les professionnels qui dispensent les cours d'éducation sexuelle dans les écoles ont conscience de ces lacunes.
Le programme d'éducation sexuelle comprend dix périodes de 45 minutes, réparties de l'école enfantine à la fin de l'école obligatoire (16 ans).
Monique Weber, adjointe pédagogique au Service d'éducation sexuelle de Profa, explique que le sujet de l'homosexualité peut être soulevé dès l'école enfantine si un élève l'aborde.
Sinon, les animatrices ouvrent des discussions sur la question à partir de la 6e.
Avant l'été, un mandat a été confié à l'Institut universitaire de médecine sociale et préventive pour évaluer ledit programme d'éducation sexuelle.
Le résultat est positif.
Mais, en comparaison à d'autres pays et même à d'autres cantons, nous sommes dans la fourchette la plus basse, nuance Monique Weber.
L'évaluation ne préconise pas l'augmentation du nombre d'heures.
Le message est que certaines problématiques, comme l'homosexualité, pourraient être prises en charge par d'autres personnes dans les écoles.
Pour elle, un gros travail se fait dans la vie quotidienne des établissements: les professeurs, les infirmières et les médiateurs se mettent à l'écoute des jeunes.
Et le coming out à l'école ?
Monique Weber pense qu'il n'y a pas de réponses standard.
Parfois, cela se passe mal car l'adolescent n'est pas conscient des effets « boomerang » que cela peut avoir.
Profa offre aussi aux enseignants des « Fiches Egalité » qui abordent la question.
Ce matériel est mis à disposition dans les salles des maîtres de tous les collèges, rappelle Monique Weber.
Mais ces outils ne permettent pas toujours aux enseignants de gérer les conséquences d'une révélation.
Manuel Macias, psychiatre responsable du Service psychiatrique enfants et adolescents à Nyon, note: l'école nous adresse des adolescents en souffrance.
Les questions de sexualité ?
Ce ne sont pas les troubles identitaires les plus fréquents en consultations.
Et de rappeler qu'une certaine ambiguïté sexuelle est le propre de l'adolescence.
Les jeunes qui se posent des questions doivent surtout savoir que l'homosexualité n'est pas une maladie et encore moins une maladie psychique.
Vous avez dit ?