François-Xavier ou la vie gay de tous les jours

Traitement antirétroviral chez le sujet de plus de 50 ans





La prévalence de l’infection à VIH/sida chez la personne de plus de 50 ans est en augmentation. La thérapie antirétrovirale a pour but de restaurer et/ou de maintenir la fonction immunitaire du sujet et d’empêcher la réplication virale. Elle doit être prise à vie.



Chez la personne d’âge mûr, il faudra tenir compte de plusieurs facteurs : 
- les comorbidités chroniques dont le risque augmente avec l’âge, et leurs traitements associés qui peuvent interférer avec les antirétroviraux ; 
- l’altération des fonctions hépatique et rénale modifiant la pharmacocinétique des antirétroviraux ; 
- la plus grande sensibilité à la toxicité des antirétroviraux due à l’âge.

Le nombre de patients sidéens de plus de 50 ans a été multiplié par cinq  aux États-Unis entre 1990 et 2001, passant de 16 288 à 90 513 (cas déclarés dans les Centers for Disease Control).

Le nombre de nouveaux cas a progressivement augmenté dans cette population et approche les 20% actuellement, alors que dans le même temps ce chiffre a baissé dans la tranche des 30-39 ans.

En 2004, 23% des individus vivant avec le VIH avait plus de 50 ans.

Avec l’augmentation de la survie, l’amélioration des traitements et l’augmentation des nouveaux cas dans cette tranche d’âge, cette proportion devrait atteindre 50% en 2015.

  • Age et VIH
    • D’anciennes études datant de l’ère pré-traitement HAART ont suggéré une mortalité plus élevée, une survie moins longue et une évolution vers le stade sida plus fréquente (à taux égal de CD4) chez les patients plus âgés.
    • Les études sont contradictoires quand à l’efficacité virale et immunologique des multithérapies.

      De nouvelles études prospectives incluant cette tranche d’âge (qui a été sous-représentée jusqu’à présent) sont nécessaires pour comprendre le rôle de l’âge sur le pronostic immunologique et virologique.

      Certaines semblent en effet montrer une moins bonne reconstitution en CD4 et à l’inverse une meilleure réponse virale chez les patients âgés, d’autres un meilleur pronostic virologique après 50 ans.
  • Adhésion au traitement
    • La meilleure observance du traitement chez les sujets de plus de 50 ans pourrait expliquer un plus grand succès virologique dans ce groupe, mais aussi le plus grand nombre d’effets toxiques rapportés en lien avec la thérapie antirétrovirale.
  • Comorbidités
    • Le problème des comorbidités s’est posé avec l’allongement de l’espérance de vie du patient sidéen, dû aux thérapies antirétrovirales hautement actives (HAART).

      Une étude à New York a montré que 89% des patients de plus de 50 ans infectés par le VIH présentaient d’autres maladies et que 81% prenaient des médicaments non liés au VIH.

      Par exemple les troubles hépatiques ou les affections rénales chroniques modifient la pharmacocinétique des antirétroviraux pouvant être à l’origine de toxicité ou de moins grande efficacité du traitement.
  • Toxicité des antirétroviraux
    • Les études suggèrent un plus grand risque de toxicité des antirétroviraux chez les patients plus âgés.

      Cependant ces études sont le plus souvent rétrospectives et très hétérogènes.
  • Age et pharmacocinétique
    • Au vu du nombre limité d’études, de leur caractère contradictoire et des biais méthodologiques, on ne peut actuellement affirmer que la pharmacocinétique des antirétroviraux est différente chez les sujets plus âgés.


      Source :FemmesEtSida
Mer 8 oct 2008 Aucun commentaire