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Première transplantation d'organe entre séropositifs






Des chirurgiens sud-africains ont pour la première fois procédé à une transplantation d'organes entre des patients infectés par le virus HIV, au cours d'une opération historique, source d'espoirs pour des milliers de patients séropositifs.




Fin septembre, des médecins ont transplanté les reins d'un donneur infecté par le virus HIV dans le corps de deux hommes, également infectés, à l'hôpital Groote Schuur de Cape Town où le professeur Christiaan Barnard avait en son temps réalisé la première transplantation cardiaque au monde.

L'opération n'a été rendue publique qu'une fois que les médecins ont été certains qu'elle était couronnée de succès.

Jusqu'il y a peu, les autorités sud-africaines interdisaient le don d'organe aux personnes séropositives et près d'un tiers des organes susceptibles d'être donnés étaient écartés, les donneurs potentiels étant porteurs du virus du sida.

Cette politique était très critiquée dans un pays où une personne sur cinq est séropositive.

L'interdiction a été levée l'année dernière, ouvrant la voie à des transplantations aux patients séropositifs qui pourraient même avoir désormais plus de chance d'être transplantés que ceux qui ne sont infectés, en raison du nombre de donneurs potentiels.

Selon le Dr Elmi Muller, qui a réalisé la transplantation, les deux receveurs sont en "excellente" condition.

Les reins transplantés fonctionnent bien et ils ne montrent aucun signe de rejet.

Si le succès se confirme, cette première transplantation pourrait ouvrir la voie à la transplantation d'autres organes comme le foie, particulièrement mis à mal par les traitements contre le SIDA ou le coeur.

Néanmoins des questions demeurent, notamment parce que les patients transplantés seront presque certainement contaminés par la souche du virus qui avait infecté le donneur d'organe, ce qui rendra leur traitement plus complexe et pourrait augmenter la résistance du virus aux traitements.

D'autre part, les organes transplantés pourraient eux-mêmes avoir été altérés par le virus, ce qui les rendrait mois résistants dans le temps.

Reste que pour de nombreux patients, la transplantation d'organes entre patients séropositifs est la seule alternative.

"Aujourd'hui, si vous souffrez d'insuffisance rénale et que vous êtes séropositif, on vous dit de rentrer chez vous et de mourir", explique le Dr. June Fabian, une néphrologue de l'hôpital de Johannesbourg.

Source : RTBFBeta

Dim 2 nov 2008 Aucun commentaire